La dépendance a l'alcool, une réponse à une souffrance
- christelrouzaud
- 19 janv.
- 3 min de lecture

Il est légitime de vouloir éliminer l’alcoolisme. Mais pour aider un malade alcoolique, prioriser le sevrage de l'alcool est contre productif.
L’alcool est un fléaux qui conduit presqu’irrémédiablement à des problèmes de santé. Il pose aussi un risque majeur d'accidents . Et avant cela, il génère un isolement social, voir une marginalisation.
La personne dépendante de l’alcool s’isole des autres et de lui-même
- du fait que les proches s'éloignent parce qu’il est de plus en plus difficile de supporter sa manière de se comporter sous l’emprise de l’alcool.
- Mais aussi parce qu’elle n’est plus vraiment elle-même. Sa conscience est modifiée et ne permet plus aux autres d’être en contact avec elle, même quand ils souhaitent rester proches.
- Cela l'éloigne aussi d’elle-même puisque, anesthésiée, elle n’est plus en contact avec elle-même.
Elle est aussi fréquemment amenée à se détester du fait de son comportement dont elle se rend compte, mais de son incapacité à le modifier. Elle est incapable de tenir la promesse qu’elle peut se faire de ne plus boire d’alcool.
Il y a deux formes de dépendances en ce qui concerne l’alcool, comme en ce qui concerne d’autres substances telles que le tabac, les médicaments, les drogues illicites, le sucre... :
la dépendance physiologique et la dépendance psychologique.
La médecine peut assez bien s’occuper de la dépendance physiologique. Mais il y a peu de réponses en ce qui concerne la dépendance psychologique .
Il est pourtant essentiel de s’en occuper pour qu’un sevrage puisse être efficace sur la durée .
Le malade alcoolique a une bonne raison de boire. Pour l’aider, il s’agit avant tout d’être disposé à entendre sa raison avec délicatesse.
"Le déni de l’alcoolique pour son alcoolisme n’a d'égal que celui des soignants pour sa raison de boire. Quand l’aidant ne ́nie pas la raison de boire d’un malade alcoolique, le malade alcoolique a moins besoin de nier sa dépendance" , affirme Thierry Tournebise.
Avoir le projet prioritaire que la personne dépendante arrête l'alcool ne fera que retarder (ou empêcher) le processus d’abstinence.
L’alcool a répondu à une nécessité de s’éloigner d’une zone de souffrance. Ça a été un processus de survie.
C’est cela qui est à entendre;
Le guidage non-directif sera un allié précieux pour localiser la raison. La posture de non-savoir est essentielle pour cheminer dans ce processus et arriver au fondement de la personne accompagnée.
Le fait de parvenir à ce fondement va permettre d’entendre ce qui a été vécu à cet endroit. La reconnaissance apportée permettra la réhabilitation de celui qu'était cette personne dans le passé pour qui l’anesthésie avait été essentielle.
Cela effectué, il n’y aura plus besoin, au niveau psychologique, de la compensation de l’alcool. Restera à mettre en place un sevrage physiologique qui aura beaucoup plus de chances de conduire à une abstinence définitive.
Il faudra encore porter un regard aimant, plus encore que compatissant sur celui qui , pendant toutes ces années, aura eu besoin de cette béquille; cela afin qu’il n’ait pas à s’éloigner une fois de plus de soi (celui qui était infréquentable du fait de l’alcoolisme), afin d'éviter toute propension à s’anesthésier de nouveau avec l’alcool.
Pour plus de détails sur le sujet , je vous invite à lire la publication de Thierry Tournebise "Aider le malade alcoolique" publié en mars 2003.
Aider un malade alcoolique, surtout quand on fait partie de l'entourage proche, n'est pas chose facile. Il peut alors être judicieux de se faire aider soi-même . Les accompagnants ont eux aussi besoin d'être accompagnés.
Et pour celui qui est malade alcoolique et souhaite sortir de la dépendance, une aide psychologique est incontournable.




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